Anacamptis pyramidalis subsp. pyramidalis (L.) Rich.

Orchis pyramidal / Pyramidal Orchid, Pyramid Anacamptis / الحية و الميتة

UGS : 5fbf955898e1 Catégorie : Étiquette : Product ID: 1451
Source: Errol Véla

Description

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Évaluateur(s)
Ben Haj Jilani I., Daoud-Bouattour A., Ghrabi-Gammar Z. & Véla E

Partenaire(s)/Institution(s)
Faculté des Sciences de Tunis
Institut National Agronomique de Tunisie
AMAP, Université de Montpellier


Autorité
Ministère des Affaires Locales et de l’Environnement

Date : Octobre 2021

1. TAXONOMIE

Division Règne Phylum Classe Ordre Famille Genre
MonocotyledonaePlantaeTracheophytaLiliopsidaAsparagalesOrchidaceaeAnacamptis

Synonymes
Orchis pyramidalis L.

Sources taxonomiques
Dobignard, A. & Chatelain, C. 2010. Index synonymique la flore d'Afrique du Nord. Vol. 1, Pteridophyta, Gymnospermae, Monocotyledonae. Conservatoire et Jardin Botaniques, Genève, 455 p.

Martin, R., Véla, E. & Ouni, R. 2015. Orchidées de Tunisie. Société Botanique du Centre-Ouest 44 : 1-158.

Notes taxonomiques
Nous nous conformons ici à la nomenclature et synonymie adoptées par Martin et al. (2015).

2. EVALUATION

Tunisie : VU°: D

Justification de l’évaluation
Les localités continentales historiques d’Anacamptis pyramidalis subsp. pyramidalis (Bonnet & Barrate 1896 ; Cuénod et al. 1954 ; Vallès & Vallès-Lombard 1988), n’ayant pas été retrouvées, sa population est aujourd’hui limitée à celle découverte en 2008 sur l’île de la Galite (Véla et al. 2012 ; Martin et al. 2015), avec une population restreinte estimée à moins de 250 individus matures (E. Véla, pers. data). Ces données conduisent à évaluer ce taxon, à l’étape préliminaire, comme « En danger » (EN) approchant le critère D.Cependant, sa présence dans une aire protégée difficilement accessible, la relative abondance de son unique population confirmée, ainsi que son caractère grégaire lui permettant probablement de se réalimenter régulièrement grâce à des diaspores venant de Corse-Sardaigne et du golfe du Lion, et dispersées via les vents dominants du nord-ouest (mistral) sur la Galite, nous amènent à reclasserce taxon, en évaluation finale, dans une catégorie de menace inférieure « Vulnérable » (VU°).

3. AIRE DE REPARTITION GEOGRAPHIQUE

Distribution
Mogods : La Galite, l’île principale de l’archipel (2 sites)
Nord-est : Menzel Bourguiba (non retrouvé)
Cap Bon : Jbel Cheban (non retrouvé)
Dorsale tunisienne : Jbel Bargou, Jbel Bellouta (non retrouvé)


Description
Anacamptis pyramidalis subsp. pyramidalis est signalé au Nord-est (Menzel Bourguiba, indiqué sous ‘Ferryville’), au Cap Bon (Jbel Cheban) et sur la Dorsale tunisienne (Jbels Bargou et Bellouta) (Bonnet & Barrate 1896 ; Cuénod et al. 1954). La dernière observation historique remonte à 1981 (Vallès & Vallès-Lombard 1988). Depuis, et probablement à cause de localisations imprécises, aucune de ces stations continentales n’a pu être retrouvée (Martin et al. 2015). Cependant, une nouvelle station a été découverte en 2008 sur l’île de La Galite (Mogods) par R. Ouni (Véla et al. 2012 ; Martin et al. 2015). Les zones d’occurrence (EOO) et d’occupation (AOO) du taxon sont respectivement 11 600 et 20 km2.


4. POPULATION

L’unique population confirmée aujourd’hui de l’Orchis pyramidal compte moins de 250 individus (E. Véla, pers. data). Bien que localisée, elle est relativement abondante. Sa tendance n'est pas actuellement connue, mais elle ne semble pas être en déclin car présente dans une aire protégée difficilement accessible, et régulièrement alimentée à partir de diaspores provenant de Corse-Sardaigne et du golfe du Lion, via les vents dominants du nord-ouest.

5. HABITAT ET ECOLOGIE

Systèmes
Terrestre

Types d’habitat
Forêts et bois : Forêt tempéréePrairies: Prairie tempéréeMaquis/Garrigue : Végétation arbustive de type méditerranéen

Description
Anacamptis pyramidalis subsp. pyramidalis est une cryptophyte qui pousse typiquement dans les prairies, landes, coteaux et pâturages montueux, les broussailles ou sporadiquement dans les forêts de chênes et de pins. Elle se développe sur des substrats calcaires, sur des sols secs, en pleine lumière, entre 20 à 1180 m d’altitude.

6. MENACES

Utilisation des ressources biologiques : Cueillette de plantes terrestres

Description
L’Orchis pyramidal ou « El Haya Ouel Mita » est généralement menacé par la collecte de ses tubercules en vue de leur utilisation en médecine traditionnelle. Cependant, il n’y a aucune information sur les menaces de l’habitat ou des populations qui ont entraîné la raréfaction du taxon.

7. UTILISATION ET COMMERCE

Au gré des croyances populaires tunisiennes, le tubercule évidé est utilisé pour son effet anaphrodisiaque qui ne peut être levé que par la consommation du tubercule charnu (Boukef 1986 ; Ben Haj Jilani et al. 2011).

8. ACTIONS DE CONSERVATION

Actions de conservation en place
L’espèce est relevée sur La Galite, l’île principale d’une réserve naturelle.

Actions de conservation nécessaires
Protection Sol/eau : Protection Site/Zone
Gestion de l’espèce : Conservation ex-situ


Recherches nécessaires
Recherche : Menaces
Planning de conservation : Plan de gestion par zone
Suivi : Tendances de la population



Description
L’unique population connue aujourd’hui du taxon, présente dans une aire protégée difficilement accessible, est de nature conservée. Néanmoins, il importe de protéger son habitat et également de développer un programme de suivi et de surveillance, prévoir la conservation in-situ de la sous-espèce, et conduire des recherches afin d’identifier les menaces potentielles qui pourraient l’affecter.D’autre part, les sous-populations autrefois signalées, et non retrouvées, devront être recherchées, ainsi que de nouvelles, afin d’estimer la taille de la population, et de suivre ses tendances démographiques.

9. BIBLIOGRAPHIE

Ben Haj Jilani, I., Zouaghi, M. & Ghrabi, Z., 2011. Ethnobotanical Survey of medicinal plants in Northwest Tunisia.Curare, Journal of Medical Anthropology 34 (1+2):63-78.

Bonnet, E. & Barratte, G. 1896. Exploration scientifique de la Tunisie. Catalogue raisonné des plantes vasculaires de la Tunisie. Imprimerie Nationale, Paris, 519 p.

Boukef, K. 1986. Médecine traditionnelle et pharmacopée : les plantes dans la médecine traditionnelle tunisienne. Agence de Coopération Culturelle et Technique, 350 p.

Cuénod, A., Pottier-Alapetite, G. & Labbe, A. 1954. Flore analytique et synoptique de Tunisie : Cryptogames vasculaires, Gymnospermes et Monocotylédones. Office de l’Expérimentation et de la Vulgarisation Agricoles de Tunisie. Imprimerie S.E.F.A.N., Tunis.

Martin, R., Véla, E. & Ouni, R. 2015. Orchidées de Tunisie. Société Botanique du Centre-Ouest44 : 1-158.

Vallès, V. & Vallès-Lombard, A.-M. 1988. Orchidées de Tunisie. Librairie de la Renaissance, Toulouse, 105 p.

Véla, E., Ouni, E. & Martin, R. 2012. Serapias nurrica Corrias (Orchidaceae), nouveau pour la flore de Tunisie. Journal Europäischer Orchideen 44 (2): 381-392.